{"id":209,"date":"2020-06-12T10:20:32","date_gmt":"2020-06-12T08:20:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.amplement.com\/blog\/?p=209"},"modified":"2020-06-12T10:25:02","modified_gmt":"2020-06-12T08:25:02","slug":"ou-les-francais-souhaitent-habiter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amplement.com\/blog\/2020\/06\/12\/ou-les-francais-souhaitent-habiter\/","title":{"rendered":"O\u00f9 les Fran\u00e7ais souhaitent habiter ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Et si la crise dessinait une nouvelle carte de France\u00a0? \u00c0 l&rsquo;heure du t\u00e9l\u00e9travail et du retour \u00e0 la nature, enqu\u00eate sur les nouvelles exigences des Fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-dailymotion wp-block-embed is-type-video is-provider-dailymotion wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n <iframe title=\"Ces villes fran\u00e7aises o\u00f9 il fait bon t\u00e9l\u00e9travailler\" frameborder=\"0\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/embed\/video\/x7uerfe\" allowfullscreen allow=\"autoplay\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait une fois une\u00a0France\u00a0coup\u00e9e en deux. Dans l&rsquo;une, la France macronienne des nantis, des urbains, des proches de leur travail, la France des \u00ab m\u00e9tropoles barbares \u00bb, vampires qui avaient le vent en poupe. Dans l&rsquo;autre, la France dite p\u00e9riph\u00e9rique, des lointains p\u00e9riurbains, des ruraux oubli\u00e9s, des services inexistants\u2026 Il \u00e9tait une fois les livres de Christophe Guilluy. Une vision qui s&rsquo;est bien vendue en librairie, qu&rsquo;on voulut voir traduite dans la mont\u00e9e du populisme, qui a fait m\u00eame un carton sur les plateaux de t\u00e9l\u00e9vision avec la crise des Gilets jaunes. Nous tenions notre\u00a0<em>Choc des civilisations,<\/em>\u00a0made in France. D&rsquo;autres g\u00e9ographes, comme Laurent Davezies, nous rappelaient la fatalit\u00e9 d&rsquo;une croissance in\u00e9gale sur le territoire : oui, les grandes villes, qui concentrent les emplois, l&rsquo;innovation, qui r\u00e9sistent donc mieux aux crises, \u00e9taient notre meilleur potentiel, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 les r\u00e9ductions des d\u00e9penses publiques entam\u00e9es sous Sarkozy (la RGPP), poursuivies sous Hollande et Macron, entamaient le mod\u00e8le fran\u00e7ais de redistribution des richesses vers les campagnes. Puis, patatras, est arriv\u00e9e la crise du Covid-19. Ce fut soudain la prime \u00e0 l&rsquo;air pur, l&rsquo;eldorado du jardinet et du t\u00e9l\u00e9travail. Et dans les appartements, on entendit monter cette plainte :\u00a0<em>\u00ab M\u00e9tropoles, je vous hais ! \u00bb<\/em>\u00a0Et sur ces m\u00eames plateaux de t\u00e9l\u00e9, on se mit \u00e0 pr\u00e9dire la mort de ces m\u00eames m\u00e9tropoles, triomphantes il y a peu. Sur la foi d&rsquo;agences immobili\u00e8res euphoriques, la France allait se ruer sur l&rsquo;or vert. De fait, le sondage du 11 au 25 mai du Particulier \u00e0 Particulier indique bien une fuite hors de\u00a0Paris\u00a0et des m\u00e9tropoles vers les d\u00e9partements limitrophes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Exode rural.&nbsp;<\/strong>Mais bas les masques : ces deux visions sont bien s\u00fbr tout aussi fausses, caricaturales, dangereuses, l&rsquo;une que l&rsquo;autre. Rappelons qu&rsquo;il y a des m\u00e9tropoles qui vont bien &#8211; Toulouse, Lyon, Bordeaux, Nantes &#8211; et d&rsquo;autres moins bien &#8211; Rouen, Grenoble, Marseille. Rappelons quelques faits de nature \u00e0 surprendre le lecteur. L&rsquo;exode rural s&rsquo;est achev\u00e9 en 1970. C&rsquo;est en 1976 qu&rsquo;on parle de \u00ab&nbsp;p\u00e9riurbains \u00bb pour d\u00e9signer ces millions de Fran\u00e7ais qui vivent plus ou moins loin de leur lieu de travail en ville. Depuis cinquante ans, nos campagnes ont gagn\u00e9 pr\u00e8s de 5 millions d&rsquo;habitants ! En 1990, le g\u00e9ographe Bernard Kayser parle d\u00e9j\u00e0 de&nbsp;<em>\u00ab renaissance rurale \u00bb<\/em>. C&rsquo;est \u00e0 partir de 1999 qu&rsquo;on \u00e9voque l&rsquo;exode urbain. Bref, ce d\u00e9m\u00e9nagement a d\u00e9but\u00e9 il y a belle lurette. Pour l&rsquo;expliquer, plusieurs raisons qu&rsquo;\u00e9num\u00e8re la g\u00e9ographe Magali Talandier, autrice des&nbsp;<em>Enjeux \u00e9conomiques de la r\u00e9silience urbaine<\/em>&nbsp;(PUG) :&nbsp;<em>\u00ab Allongement de la dur\u00e9e de vie. Migration des retrait\u00e9s. Aspiration \u00e0 vivre mieux. Arriv\u00e9e de personnes ne parvenant plus \u00e0 se loger en ville. Transformation des r\u00e9sidences secondaires en habitations principales chez les pr\u00e9- ou n\u00e9oretrait\u00e9s. Nouveaux flux de retrait\u00e9s europ\u00e9ens apr\u00e8s la crise financi\u00e8re de 2008. \u00bb<\/em>&nbsp;Mais, comme elle le rappelle&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab Tous les mouvements d\u00e9mographiques, hormis apr\u00e8s des guerres, se font sur le long terme. Notre exode rural a dur\u00e9 cent ans. Il n&rsquo;y a jamais eu de rush. La logique voudrait que ce d\u00e9m\u00e9nagement vers les campagnes se poursuive sans s&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer. \u00bb<\/em>&nbsp;Quoique. La crise de 2008 l&rsquo;avait frein\u00e9. La crise actuelle devrait avoir le m\u00eame effet. Comme le souligne Samuel Depraz, auteur de&nbsp;<em>La France des marges&nbsp;<\/em>(Armand Colin) :&nbsp;<em>\u00ab Le motif sanitaire a relanc\u00e9 le d\u00e9sir, le mythe d&rsquo;un exode, mais ce d\u00e9sir se heurte \u00e0 de nombreuses contraintes. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quelles sont-elles ? D&rsquo;abord, l&#8217;emploi. Comment le relocaliser dans les petites et moyennes villes ?&nbsp;<em>\u00ab En temps de crise, c&rsquo;est un v\u0153u pieux. On se recentre au contraire sur son c\u0153ur de m\u00e9tier, quelques sites de production&nbsp;<em>\u00bb<\/em>, <\/em>analyse Depraz. Ensuite, la technologie. Quelle est la couverture r\u00e9seau&nbsp;? Telle est l&rsquo;antienne qu&rsquo;entendent les agences de la Creuse et d&rsquo;ailleurs. D&rsquo;apr\u00e8s France Mobiles, qui collecte les informations, les op\u00e9rateurs, malgr\u00e9 des obligations \u00e0 une couverture de 100 %, rechignent \u00e0 combler les derniers pour cent. On veut bien planter un poteau au c\u0153ur d&rsquo;un bourg, mais pour trois p\u00e9quins dans des coins isol\u00e9s, vu le retour sur investissement, on ne se pr\u00e9cipite pas.&nbsp;<em>\u00ab Par ailleurs, c&rsquo;est une perp\u00e9tuelle course en avant. 3 G, 4 G, 5 G. Il faut recommencer. \u00bb<\/em>&nbsp;S&rsquo;ajoute aussi la question du transport, toujours plus long. L&rsquo;\u00c9tat a depuis longtemps encourag\u00e9 la vie \u00e0 la campagne sans g\u00e9rer l&#8217;emploi, qui restait m\u00e9tropolitain. Demeure l&rsquo;enclavement et l&rsquo;usage obligatoire, co\u00fbteux et polluant, de la voiture pour des navetteurs. Une fatalit\u00e9 ?&nbsp;<em>\u00ab L&rsquo;\u00e9lectrique s&rsquo;adapte tr\u00e8s bien \u00e0 ces petites distances \u00bb,<\/em>&nbsp;remarque Depraz, tout en admettant le surco\u00fbt d&rsquo;un tel achat. Mais dans le cadre de l&rsquo;ouverture \u00e0 la concurrence, des lignes de proximit\u00e9 abandonn\u00e9es par la SNCF sont actuellement reprises avec des transports plus l\u00e9gers par des compagnies priv\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/images\/2020\/06\/11\/20433330lpw-20434542-embed-libre-jpg_7166720.jpg\"><img src=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/images\/2020\/06\/11\/20433330lpw-20434542-embed-libre-jpg_7166720.jpg\" alt=\"\"\/><\/a><figcaption><strong>Au top.&nbsp;<\/strong>D\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9e premi\u00e8re ville moyenne la plus attractive, La Rochelle remporte la palme des villes moyennes les plus en pointe pour le t\u00e9l\u00e9travail.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9volution de riches.&nbsp;<\/strong>Parlons aussi du logement. Dans&nbsp;<em>La Revanche des villages&nbsp;<\/em>(Seuil), \u00c9ric Charmes a montr\u00e9 la limite des constructions neuves dans ces villages. Les n\u00e9or\u00e9sidents ont achet\u00e9 un cadre de vie, ils ne veulent plus qu&rsquo;on artificialise des terres, qu&rsquo;on consomme du foncier. \u00c0 cette \u00ab clubbisation \u00bb priv\u00e9e, endog\u00e8ne, qui verrouille, s&rsquo;est ajout\u00e9e, insiste Depraz, une contrainte publique qui restreint depuis 2000 et la loi relative \u00e0 la solidarit\u00e9 et au renouvellement urbains (SRU) l&rsquo;acc\u00e8s au foncier \u00e0 b\u00e2tir. Elle fut compl\u00e9t\u00e9e en 2005 par une loi pour prot\u00e9ger les espaces agricoles et naturels p\u00e9riurbains.&nbsp;<em>\u00ab De fait, le \u00ab\u00a0vert\u00a0\u00bb n&rsquo;est plus extensible. \u00bb<\/em>&nbsp;Ainsi, les prix du foncier se sont envol\u00e9s. D&rsquo;apr\u00e8s Depraz, entre 1997 et 2010, quand les prix \u00e0 la consommation passaient de 100 \u00e0 122, ils s&rsquo;envolaient \u00e0 252 points pour les maisons de campagne et \u00e0 418 pour les terrains \u00e0 b\u00e2tir ! De l\u00e0 \u00e0 penser que ce d\u00e9m\u00e9nagement au vert est et sera r\u00e9serv\u00e9 aux plus ais\u00e9s, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas qu&rsquo;on franchira, confort\u00e9 par les \u00e9tudes de Magali Talandier sur les profils des Fran\u00e7ais qui quittent les villes :&nbsp;<em>\u00ab \u00c0 moins de 100 kilom\u00e8tres, ce sont surtout des jeunes, actifs, des navetteurs, des m\u00e9nages avec enfants. \u00c0 plus de 100 ou 200 kilom\u00e8tres, il y a une surrepr\u00e9sentation de cadres parfois bi-r\u00e9sidents et de retrait\u00e9s qui d\u00e9cident de changer de mode de vie. \u00bb<\/em>&nbsp;Bref, cette r\u00e9volution verte qu&rsquo;on subodore sera une r\u00e9volution de riches, qui peuvent choisir leur mode de vie, r\u00e9investir ailleurs un capital \u00e9conomique, intellectuel, culturel. Sur cette question du foncier, on pourrait croire \u00e0 la p\u00e9nurie. Or,&nbsp;<em>\u00ab si le taux de vacance des logements est, sur le plan national, de 8,5 %,<\/em>&nbsp;pr\u00e9cise Depraz,&nbsp;<em>il est, dans les communes rurales \u00e9loign\u00e9es, de 15 \u00e0 20 %, et peut m\u00eame atteindre 30 % \u00bb<\/em>. L&rsquo;offre existe donc. Oui mais voil\u00e0, ce n&rsquo;est pas le type de logement souhait\u00e9 : des maisons de c\u0153ur de bourg, v\u00e9tustes, avec un mini-jardinet, sans entr\u00e9e de voiture, des maisons ouvri\u00e8res, \u00e0 la campagne.&nbsp;<em>\u00ab Il y a toutefois des solutions,<\/em>&nbsp;pr\u00e9cise Depraz,&nbsp;<em>des aides \u00e0 la r\u00e9novation ou la r\u00e9union de lots mitoyens. \u00bb<\/em>&nbsp;Si les communes ont vu leur budget plomb\u00e9 par la r\u00e9duction drastique de leur dotation globale de fonctionnement, la mise en place des contrats de ruralit\u00e9 en 2018 et des dotations d&rsquo;\u00e9quipement des territoires ruraux, ainsi que l&rsquo;action des r\u00e9gions qui cofinancent ces contrats, pourraient donner un nouvel \u00e9lan \u00e0 ces bourgs, parents pauvres de la France, mais dont le maillage tr\u00e8s serr\u00e9 est un levier pour la redynamisation de micro-territoires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Capitaux.&nbsp;<\/strong>Car si les Fran\u00e7ais aspirent au calme, ils pourraient aussi trouver que ces bourgs le sont un peu trop. C&rsquo;est que les cadres, de la r\u00e9gion parisienne ou d&rsquo;ailleurs, sont exigeants.&nbsp;<em>\u00ab On n&rsquo;a pas ferm\u00e9 ces petits territoires, ils sont encore \u00e9quip\u00e9s, mais le stock se r\u00e9duit, on est sur le fil du rasoir \u00bb,<\/em>&nbsp;admet Magali Talandier, qui cite le d\u00e9veloppement des tiers lieux &#8211; centres socio-\u00e9ducatifs hybrides servant de centres de vie &#8211; et souligne la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une compl\u00e9mentarit\u00e9 entre les diff\u00e9rents types de villes, bourgs, petites villes, villes moyennes.&nbsp;<em>\u00ab En France, on a beaucoup cat\u00e9goris\u00e9, mais on peut casser cette logique pour la remplacer par une logique de projet. \u00bb<\/em>&nbsp;Parmi les programmes mis en place pour revitaliser les bourgs et espaces ruraux, les pactes m\u00e9tropolitains d&rsquo;innovation (PMI), comme celui qui associe Grenoble et le plateau du Vercors pour la transition \u00e9nerg\u00e9tique. Il existe aussi le programme des investissements d&rsquo;avenir (PIA), qui incite des territoires d&rsquo;innovation \u00e0 d\u00e9crocher des financements autour de projets. Parmi les laur\u00e9ats, Biovall\u00e9e autour de Die, dans la Dr\u00f4me, ou l&rsquo;agglom\u00e9ration Valence-Romans-sur-Is\u00e8re. Dans son livre&nbsp;<em>La Renaissance des campagnes<\/em>&nbsp;(\u00e0 para\u00eetre le 18 juin, Seuil), Vincent Grimault \u00e9tudie certains de ces territoires, autour de Die, Saales (Bas-Rhin), Les Herbiers (Vend\u00e9e), Saint-Flour (Cantal)\u2026 Ces campagnes, grossies de nouveaux habitants, se r\u00e9v\u00e8lent \u00e9galement riches en capitaux. C&rsquo;est ce que Magali Talandier a mis en lumi\u00e8re dans ses \u00e9tudes de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9sidentielle : ces revenus qui ne d\u00e9pendaient pas de la production industrielle ou agricole, mais qui provenaient des navetteurs, du tourisme, des retraites\u2026 Globalement, cette \u00e9conomie repr\u00e9sente les deux tiers de l&rsquo;\u00e9conomie des campagnes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entre-deux.&nbsp;<\/strong>Nous avions d\u00e9but\u00e9 sur une logique de fracture territoriale, d&rsquo;affrontement o\u00f9 la crise de l&rsquo;un arrangerait l&rsquo;autre, comme dans des vases communicants. La plupart des g\u00e9ographes fran\u00e7ais insistent au contraire sur la recherche de coutures territoriales, o\u00f9 les ma\u00eetres mots sont continuit\u00e9 et compl\u00e9mentarit\u00e9. Bien s\u00fbr, certaines r\u00e9gions sont plus avantag\u00e9es : l&rsquo;Ouest, o\u00f9 l&rsquo;habitat campagnard est plus dense. Le Sud, dont le rural demeure le plus attractif dans les migrations interr\u00e9gionales. Dans ce cadre-l\u00e0, Magali Talandier insiste sur le r\u00f4le f\u00e9d\u00e9rateur qu&rsquo;aurait \u00e0 jouer la ville moyenne.&nbsp;<em>\u00ab Jusque-l\u00e0, elle se retrouvait dans un entre-deux inconfortable, n&rsquo;ayant les avantages ni de la m\u00e9tropole ni de la campagne. \u00bb<\/em>&nbsp;R\u00e9sultat : personne ne voulait y vivre. Mais s&rsquo;il y a eu un changement d&rsquo;atmosph\u00e8re avec la crise du Covid-19, cet entre-deux pourrait au contraire redevenir un atout. D\u00e9sormais, la ville moyenne n&rsquo;aurait plus ni les inconv\u00e9nients de la m\u00e9tropole ni ceux de la campagne isol\u00e9e : cadre de vie plus agr\u00e9able, offre de services assur\u00e9e, prix fonciers plus accessibles, possibilit\u00e9 d&rsquo;avoir son travail \u00e0 proximit\u00e9\u2026 En mars 2018, le gouvernement avait lanc\u00e9 \u00e0 Ch\u00e2tellerault son programme national Action c\u0153ur de ville, auquel ont r\u00e9pondu depuis 222 de ces villes moyennes.&nbsp;<em>\u00ab Mais il ne visait qu&rsquo;\u00e0 la relance des commerces et \u00e0 la mise en valeur de l&rsquo;espace public \u00bb,<\/em>&nbsp;remarque justement la g\u00e9ographe. Autrement dit, des services, un empl\u00e2tre pour am\u00e9liorer les conditions de vie, comme s&rsquo;il ne pouvait y avoir de logique productive \u00e0 favoriser dans ces lieux. Un exemple symbolique a marqu\u00e9 la s\u00e9quence de la pand\u00e9mie. Alors que l&rsquo;\u00c9tat montrait son incomp\u00e9tence dans la fourniture des masques, pr\u00e8s de 240 PME et ETI issues de ces territoires ruraux, en particulier en Bretagne et en Anjou, ont palli\u00e9 la p\u00e9nurie. La preuve du dynamisme de ces territoires, qui ne demandent qu&rsquo;\u00e0 accueillir aussi toutes les bonnes volont\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>30 %, c&rsquo;est le taux de logements vacants dans certaines communes rurales \u00e9loign\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Source : <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/immobilier\/ou-les-francais-souhaitent-habiter-11-06-2020-2379427_31.php#\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Le Point<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et si la crise dessinait une nouvelle carte de France\u00a0? \u00c0 l&rsquo;heure du t\u00e9l\u00e9travail et du retour \u00e0 la nature, enqu\u00eate sur les nouvelles exigences des Fran\u00e7ais. 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